deep inside, Passion rééducation

Mise à jour

C’est bien calme par ici !!! Un peu trop à mon goût, J’ai des tonnes d’idées et d’envie de choses à raconter. Mais en ce moment tout mon temps libre est mobilisé par de l’administratif. J’ai l’impression que ma « vraie vie » ne se passe qu’au son des musiques d’attente au téléphone et à travers les applications de la sécu, de la CAF, de Pôle emploi et de mes mails. Tellement de trucs à régler en ce moment ! C’est sans fin. Du coup je n’ai pas le courage de sortir l’ordi ou alors j’ai la tête trop pleine pour m’y mettre correctement.

Et ça fait un moment que le flot de messages pour prendre de mes nouvelles a repris(surement l’effet de la rentrée?). Comme c’est pénible de toujours répondre aux mêmes questions et que je suis bien à la bourre sur ce blog, je m’octroie un petit saut dans le temps pour faire une petite mise à jour et raconter ce qui se passe maintenant et pas il y a 3 mois.

D’abord la rééduc’ :

Après avoir marché avec une canne tripode, puis une béquille j’en suis maintenant à marcher avec une canne(j’ai même rendu mon fauteuil)je peux marcher de plus en plus longtemps, et sans la canne quand je suis à l’intérieur. Je bosse maintenant avec Charlotte, une kiné spécialisée dans la marche qui traque chaque défaut de son regard affûté. On bosse sur ces défauts les uns après les autres. Et il y en a ! C’est fou la vitesse à laquelle le corps compense les déficits en prenant de vilains défauts. Ils s’installent aussi vite qu’ils sont longs à gommer. On bosse dur pour transformer ma démarche boîteuse en quelque chose de fluide et plus harmonieux. Et qui surtout sera moins pénible à long terme. Elle m’en fait sérieusement baver mais dans le fond j’adore ça … C’est intense mais avec des résultats visibles assez rapidement donc peu importe les efforts que ça demande.

 Pour le bras c’est une autre histoire. Ca évolue trèèèèèèèèèèèès très lentement. Tellement lentement que moi j’ai l’impression que ça n’évolue pas. Je me fais rouspéter quand je dis ça alors je ne le dis pas. Je ne peux pas ouvrir la main, je bouge à peine le poignet, je plie facilement le bras mais impossible de le tendre, je peux le lever sur le côté et aller vers l’arrière mais pas devant. Et ce bilan est le même depuis un moment j’ai l’impression.

Certes, le peu de mouvement faisables ont le mérite d’exister alors que rien n’était possible il y a quelques mois, mais ce n’est pas fonctionnel du tout alors qu’avec la jambe, les premiers mouvements ont vite été associés à des choses concrètes : me tenir debout, marcher, et tout un tas de mouvements qui simplifient un peu le quotidien.

Donc c’est dur. Chaque tentative pour tendre le bras par exemple me demande énormément d’efforts et se solde toujours par un echec. J’ai beau être patiente, au bout d’un moment c’est rageant de n’arriver à rien de bien. Alors ça a commencé à bien me plomber le moral cet été ( ça et d’autres choses) J’ai trouvé pas mal d’astuces et d’aisance pour vivre ma vie d’une main et d’un bras mais par moment je le vis mal quand même. Je bosse le plus possible en dehors des séances mais c’est loooooooooooooooong !

 D’un point de vue sensitif j’ai pas mal retrouvé de sensation superficiel dans le bras (pas la main) et la jambe mais la sensibilité profonde est plus délicate. Encore une fois pour la jambe ça va mais pour le bras c’est pas ça encore.. Mais comme ça va avec la motricité c’est normal.

 Depuis cet été j’ai des séances de balnéo et d’Activité Physique Adaptée en plus de tout le reste. Ca fait un bien fou ! La balnéo c’est pas encore l’idéal pour moi à cause de mon pied qui a une facheuse tendance à vouloir se tordre à chaque pas mais quand même ça fait du bien et ça me fait bosser autrement. Et l’APA c’est génial , c’est un mélange de muscu sur machines ou au sol et de sports ou jeux (ping-pong, badmington, volley, tir à l’arc, molkkÿ, etc…) le tout orchestré par une perle : Caroline, un autre rayon de soleil , toujours le sourire, une énergie débordante et entraînante, une oreille attentive et bienveillante… Un gros point positif au milieu d’un été qui a été assez rude.

 Ensuite le moral :

 Je commence à peine à remonter la pente après avoir eu un gros passage à vide. Ca a démarré tout doucement en juin je pense (il faut que je rattrape mon retard pour raconter ce fameux mois de juin chargé) C’était le début du passage de « youhou j’ai tellement de choses à apprendre et un beau challenge à relever !! » à «  Bordel ça commence à être long , et l’excitation du début a bien eu le temps de s’évaporer » Puis il y a eu l’été lui-même, sa canicule, son appel à prendre la route musique à fond cheveux au vent… Tout ça vu de ma petite chambre aux volets mi-clos c’était pas très joyeux… Puis fin juillet Hugues mon super kiné est parti, j’ai donc commencé à bosser avec Inès à la place. Ce changement m’a pas mal destabilisée aussi. J’ai tout de suite accroché avec Hugues et j’ai inconsciemment reposé tous mes espoirs de guérison sur lui. Il avait toute ma confiance, et un fonctionnement qui me convenait parfaitement. Je m’estimais chanceuse d’être tombée sur lui en arrivant. Donc quand il est parti il m’a fallu un peu de temps pour rééquilibrer les choses et admettre que ma récupération ne tient pas qu’à une seule personne ou plutôt si : à moi et moi seule. Gros coup de fatigue + changement de kiné + été beaucoup trop beau pour rester enfermée à Lille + progrès relatifs = moral en berne !

A vrai dire, ça fait plutôt des vagues, il y a des moments d’optimisme à tout péter qui enchaînent sur des bas très bas où je pleure beaucoup, pour un oui ou pour un non. Je vois une psychologue toutes les semaines avec qui on creuse à chaque fois un peu plus pour y voir plus clair et évacuer tous ces trop pleins émotionnels. C’est comme ça que j’ai compris que toutes ces contrariétés ajoutées à une hypersensibilité* due à l’accident font que parfois je suis prise de grosses crises de larmes sans raison apparente. A force de me faire mettre K.O par ces vagues de mélancolie j’ai fini par comprendre qu’il faut tout simplement que je me laisse traverser par ces crises sans y chercher absolument du sens et sans lutter contre. 2 choses pas évidentes d’abord parce que j’ai une certaine pudeur (pour ne pas dire retenue) en ce qui concerne les émotions, je ne suis pas habituée à pleurer et encore moins à me laisser aller face à mes proches mais là force est de constater que ça me prend tellement fort que je ne peux rien cacher et encore moins retenir. Et moi dans ces cas là, j’ai plutôt envie qu’on me laisse tranquille, j’ai envie et besoin de solitude. Le problème c’est qu’une personne qui pleure attire la compassion systématiquement. le reflexe de n’importe qui auprès d ’une personne en larmes c’est de vouloir la consoler et ça passe souvent par « qu’est-ce qui ne va pas ?? » pour pouvoir mieux répondre au malaise. Mais ça ne passe pas toujours très bien de répondre « j’ai juste besoin de pleurer et qu’on me laisse tranquille ». Donc plutôt que d’envoyer balader je cherche généralement quelque chose à répondre. Alors que 9 fois sur 10 il n’y a rien à répondre, c’est juste une grosse crise de « creux de la vague » qui doit sortir. Mais à force de chercher quelque chose à répondre, je finis par être moi-même convaincue qu’il y a une bonne raison de ne pas aller bien. Alors bien sur qu’il y a des tonnes de raisons : j’ai eu un AVC à 30 ans, ça fait 6 mois que j’habite à l’hôpital, je suis hémiplégique, malgré une bonne récupération le quotidien est devenu un enfer, je dois faire le deuil de mon métier-passion, je ne vois pas souvent mon fils et quand je le vois il faut toujours quelqu’un avec moi pour s’en occuper ou assurer sa sécurité car avec un seul bras je ne peux pas le faire correctement, bref il y a le choix mais tout ça ce sont des choses déjà assimilées et au moment précis où on me demande ce qui ne va pas ce sont rarement ces raisons là qui viennent , généralement c’est plutôt « je sais pas j’ai envie de pleurer c’est tout ». Il a donc fallu que j’apprenne à laisser venir ce qui vient et à l’accepter tout simplement, et à ne pas me laisser influencer par les réactions de l’entourage. Donc petit à petit j’accueille avec plus de sérénité les vagues d’émotion et les entre deux sont plus cools aussi, d’où le fait que j’ai l’impression de remonter la pente tout doucement. Ce n’est pas fini bien sur, les larmes ne sont jamais bien loin mais beaucoup moins au coin de l’oeil en permanence.

 *qui pourra être diagnostiquée en tant que tel plus tard, quand j’irai mieux, si les émotions sont toujours aussi vives ou inapropriées je peux demander une « expertise » pour voir si ce ne serait pas juste une séquelle de plus.

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3 Réponses à “Mise à jour”

  1. Le 2 octobre 2018 à 7 h 22 min Valérie Descamps a répondu avec... #

    Moi aussi j’aurai plein de choses à raconter, à te raconter…à très vite, gros bisous !

  2. Le 29 octobre 2018 à 23 h 04 min Jérémie Mallard a répondu avec... #

    Salut Marion,
    Je viens de parcourir ton blog. Et notamment cet article. Comment tu fais pour être aussi lucide ? Tu m’épates ! (pour ça et pour le reste).
    Bon, moi je ne te vois pas tous les jours. Et du coup je vois tes progrès… Mais je comprends que ça te paraisse long.
    En tout cas, c’est chouette de te lire.
    Des bises !

  3. Le 22 avril 2019 à 23 h 10 min stephanie a répondu avec... #

    Des bisous ;)

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