L’accident

Mardi 20 Mars 2018.

Nous sommes en résidence avec Carine à Lompret. Ca veut dire que nous avons une salle à disposition toute la semaine pour bosser notre spectacle de rue Born to be wild. Tout notre matériel est déjà sur place, le portique est monté, ce matin on travaille surtout la technique à la corde. On partage la salle avec une asso de musique du coin qui prépare un concert hommage à JJ Goldman, ce qui nous permet de glousser de temps en temps sur le kitsch de ce qu’ils font.  Arrivée vers 9h30, On s’échauffe, on met notre musique de spectacle et on monte à la corde, première partie du numéro : tout va très bien, on redescend, on souffle 5 minutes puis on met la 2e musique et on remonte. Tout se passe bien,A la fin je passe bien 2 ou3 minutes la tête en bas, avec Carine soit à bout de bras soit posée sur moi et on redescend comme ça, Carine assise sur moi et moi qui glisse la tête en bas. Dans un dernier effort je me redresse et pose les pieds au sol et j’ai toujours quelques secondes d’étourdissement le temps que le sang circule à nouveau dans ma jambe droite et surtout redescende de ma tête. Mais cette fois-ci il ne redescendra pas, et s’épanchera même.une fois au sol je veux dire à Carine un truc du genre « C’est chelou parce qu’on était pile sur les tops de la musique mais on a quand même finit en retard ». Tout ce que j’ai réussi à articuler c’est »chhchchllhchchmmlmmchch »Même moi je n’ai pas compris ce que j’ai dit. On rigole toutes les deux de surprise de ces sons qui sont sortis de ma bouche. Mais je vois Carine qui rigole jaune et je vois surtout l’inquiétude dans son regard elle m’approche une chaise et me demande avec insistance si ça va je réessaye de parler normalement pour la rassurer mais re-belote je n’arrive pas à articuler. J’essaye de rassurer Carine sur le fait que je ne suis pas en train de faire un malaise, je suis bien consciente et présente mais j’ai juste la bouche engourdie. Rien d’autre d’anormal pour le moment. Elle me demande si je veux qu’elle appelle seb je lui dis oui je ne sais pas ce qu’il pourrait faire de plus mais ça me rassurerait qu’il soit là. Pendant qu’elle lui explique la situation au téléphone j’essaye de m’attacher le cheveux. J’utilise mes 2 mains comme d’habitude pour les nouer sur le dessus de la tête. Mais je suis surprise quand ma main droite sent comme des petits boudins cachés dans mes cheveux. il me faut quelques secondes pour réaliser que ce sont les doigts de ma main gauche qui est maintenant complètement insensible comme quand on s’écrase le bras la nuit et qu’on ne sent plus rien pendant quelques minutes. là les bras m’en tombent au sens propre. je relâche tout , mon bras gauche n’étant de toutes façons plus très vaillant et essaye de faire comprendre à Carine qu’il faut appeler les secours, que je ne sens plus ma main gauche, et que c’est certainement un souci avec la framboise. Je suis toujours assise sur ma chaise, un peu perdue, et je sens la panique qui monte tout doucement. Je n’ai qu’une idée en tête : il faut aller au CHR de Lille là où ils ont mon dossier au sujet de la framboise. Puis je décide de me changer pour ne pas rester en tenue d’entraînement. J’attrape mes vêtements et vais me planquer dans un recoin de la salle à l’abri des regards. A ce moment là j’arrive encore à marcher.je fais ce que je peux pour me déshabiller malgré mon bras gauche récalcitrant . carine me rapporte un chaise et l’un des gars présent dans la salle ayant à peu près suivi ce qui se passait, viens me voir et me demande de toucher le bout de mon ne avec mes index alternatvement je n’y arrive que d’un bras. Puis de lever les bras je fais ce que je peux mais ça ne marche pas vraiment . Je l’entends ensuite dire :  » cherchez pas elle fait un AVC j’en ai fait un y’a 1 an ça m’a fait pareil ».

Carine est au téléphone avec le 15. J’arrive tout e même à lui redonner le terme de MALFORMATION ARTERIO VEINEUSE pour qu’elle puisse donner des détails sur la situation. Puis Seb arrive, le regard paniqué. Il me demande à son tour les mouvement avec les bras. qui sont toujours impossibles pour moi évidemment. J’essaye comme je peux d’être rassurante car hormis tous ces symptôme,s je « vais bien » je ne me sens pas mal, e n’ai mal nulle part, je suis bien consciente.. Bref malgré ma panique intérieure je me raccroche à tout ce qui va pour essayer de prendre le dessus sur ce qui ne va pas ou plus. Seb m’aide à finir de me changer car je crois que pendant tout ce temps je suis restée coincée dans mon t-shirt sans pouvoir le mettre ou l’enlever.  Il me demande de sourire puis dit  » il faut qu’ils arrivent là, ça continue d’évoluer ! » je crois que je n’avais plus le sourir symétrique. Les musiciens se sont dépêchés d’aller bouger toutes les barrières vauban qui empêchaient l’accès à la salle pour l’ambulance. Seb et Carine ont rappelé le 15 pour pour leur dire de se depêcher d’envoyer une ambulance. Ca grouille autour de moi et la trouille est présente dans tous les regards et toutes les voix.

J’avais gardé mon calme jusque là mais à ce stade je cède également à la panique. Je pleure de peur et d’incompréhension. Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est ce que je dois faire ? Qu’est-ce qui va se passer ? Je n’ai alors absolument aucune idée de ce que seraient les conséquences de ce qui était en train de m’arriver. Je ne pense même pas à la mort  à cet instant là, je crois que cette idée ne m’a jamais effleuré l’esprit.  C’est surtout  la perte de contrôle de mon corps qui me fait paniquer et l’inconnu de ce qui était en train de se passer.  Je  crois que j’a beaucoup pensé à Oscar à ce moment là.  J’avais envie de le serrer très fort dans mes bras pour lui dire que tout allait bien se passer qu’on allait se retrouver ce soir et que tout irait bien. J’avais comme une distance avec la gravité de la situation. Parce que non ça ne pouvait pas être si grave que ça, J’ai cohabité avec ma framboise pendant 30 ans ça ne pouvait pas virer à la catastrophe à ce point comme ça d’un coup !!

J’ai réussi à faire quelques pas pour sortir de mon recoin sombre et aller m’asseoir un peu plus loin sur une autre chaise. Je  n’arrive pas à me tenir droite sur la chaise, je penche à gauche. Alors Seb me tient les épaules pour ne pas que je tombe. Il demande  à Carine de le relayer et il sort guetter l’arrivée de l’ambulance. Puis j’entends Carine derrière moi qui respire bruyamment et demande à un mec qui était à côté de nous de me tenir et je la vois qui part s’allonger sur son tapis d’échauffement les jambes en l’air en respirant profondément, sa petite crise de panique me tire les larmes à nouveau. J’ai envie de crier à tout le monde « On se calme, tout va bien se passer ok ??? » Puis au bout d’un temps qui m’a paru long long long (mais encore bien plus pour ceux qui attendaient avec moi) les ambulanciers arrivent enfin avec un brancard. On me demande si je peux marcher pour aller m’installer dessus. Je réponds que oui, très sure de moi mais une fois debout je flanche et manque de tomber quelqu’un me soutient donc par le bras pour m’accompagner. Puis on m’aide à m’allonger. J’ai du répéter 10 ou 15 fois qu’il fallait absolument aller à l’hôpital Salengro du CHR et pas ailleurs.  Je me souviens  avoir demandé à Seb de prendre mon sac à main avec mes papiers et mon téléphone Ca me paraissait tellement important à ce moment là. C’est fou comme l’esprit humain met des priorités sur des choses anodines parfois. Sans doute pour ne pas accorder trop d’importance à ce qui l’est vraiment. On me demande si j veux que « mon mari » monte avec nous dans l’ambulance. C’te question. Bien sur qu’il vient !!

 

A partir du moment où le brancard sort de la salle je ressens un tel soulagement d’être « prise en charge » que je me laisse complètement porter. Je ne pense pas être tombée dans le coma à aucun moment mais j’ai quand même une sorte de black-out  à partir de ce moment là. Je me souviens juste que dans l’ambulance le brancardier à côté de moi et Seb luttaient pour me maintenir éveillée Mais je n’avais qu’une envie c’était de fermer les yeux et attendre que ça passe. Je me souviens aussi avoir eu de sacrées nausées et une voix de femme dire elle va vomir cette jeune femme donnez lui un haricot ! et on m’a tendu une sorte de barquette en carton en forme de haricot dans laquelle j’ai pu déposer « délicatement » mes oeufs du petit déj . Je n’ai toujours pas compris  pourquoi ce rendu…

Je n’ai aucun souvenir de l’arrivée à l’hôpital et de la prise en charge, ni de l’avant opération. Je sais juste après avoir récupéré des informations à droite à gauche  qu’à l’hôpital il y a Caro (ma soeur)  Gaelle (super copine) et Beu (chéri de ma soeur) qui nous ont rejoint Et Carine qui a suivi l’ambulance en voiture.  Que tout le monde  a eu « le droit » de venir me voir juste avant l’opération. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est dit/passé à ces moments là, est-ce que j’étais déjà sédatée? Shootée ? Juste endormie épuisée par toutes ces émotions ? En tous cas je n’ai aucun souvenir de ce moment là. Caro m’a raconté plus tard qu’au bout de 2 heures d’attente elle est allée aux nouvelles  on lui a dit qu’ils finissaient seulement  depréparer le bloc et que j’allais y rentrer. Puis l’opération a duré 2h également. Donc 4h d’attente pour tout le monde.

Je sais que plusieurs personnes nous ont rejoint pendant ce temps là : mes parents qui ont fait le Caen-Lille le plus rapide de l’histoire,Nat, la présidente de notre compagnie et avant tout super copine,  Félicien, super pote de Seb et parrain d’Oscar,  qui est arrivé tel un chevalier sur sa belle moto les poches pleines de clopes de bonbons et de gâteaux pour soutenir les troupes, Fausto, l’amoureux de Carine…et qu’il y a eu plusieurs teams de faites ; aller récupérer nos affaires et notre matériel à Lompret, aller faire des courses pour sustenter tout le monde, aller récupérer les enfants de chacun à l’école ou chez la nounou .. et surtout se faire des câlins et se prêter mutuellement des épaules et des bras pour essayer de s’offrir le plus de réconfort possible.

Puis il y a eu  le réveil la réa etc..

Apparemment ce sont d’abord mes parents Caro et Seb qui sont venus me voir, puis Carine. Pas trop de souvenirs non plus de ce moment là.Je ne sais pas au bout de combien de temps je me suis reveillée. La suite va se découper en plusieurs chapitres je vais donc commencer à faire plusieurs aricles sur la page « journal de bord »…

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